A propos de l’artiste (sérieusement?)

Dualité et paradoxe :  parcours entre classicisme et abstraction

Je ne pense pas que vous puissiez me connaitre en quelques lignes.

La vérité c’est que j’ai toujours trouvé ce genre de section d’un ennui mortel, encore plus quand les artistes parle d’eux à la troisième personne, vous savez « Bidule a toujours eu un talent immense pour peindre des patates…. » Que voulez vous savoir de moi, que puis je vous dire? Je suis clairement ambivertie. J’aime rencontrer de nouvelles personnes, mais j’aime aussi me terrer chez moi et peindre jusque 3h du matin. J’aime l’esthétique d’un peintre du 17e siècle et je m’émeus devant un Francis Bacon. J’aime l’infiniment petit (les insectes par exemple) et l’infini grand (les étoiles!)Etant enfant je passais un temps phénoménal à observer la Nature. Du plus loin que je me souvienne j’ai toujours eu un crayon à la main. Bien sùr j’ai fait une école d’Art (l’Ecole Supérieure des Arts et Industries Graphiques Estienne à Paris) mais je ne suis pas certaine d’y avoir trouvé ce que je cherchais. Même si j’ai toujours été une bonne élève, je crois que je n’étais pas complètement formatée pour le système scolaire. Je fonctionne trop à l’instinct. A Paris j’ai adoré toucher à de multiples techniques, reliure, gravure, calligraphie, mais le classicisme du cursus avait tendance à anesthésier ma créativité.

Cette ambivalence se retrouve aussi dans mon travail qui alterne entre contrôle de la ligne et lâcher prise.

J’aime laisser arriver l’accident, jouer avec la texture. J’aime explorer, poser des questions.

 si on arrive à restituer l’émotion d’un moment en peinture est ce que ce moment dure éternellement ?

 Car enfin de compte l’émotion est le moteur de nos vies.

Tout le paradoxe est là pour moi…

Se laisser porter mais en même essayer d’en retenir ne serait ce qu’une infime partie, même un grain de sable.

 

Tiens il semblerait que je vous ai parlé de moi finalement.

TECHNIQUES

En bonne boulimique j’ai touché à énormément de choses j’ai même une formation en dorure sur bois ( !)    J’essaie cependant de laisser parler ma sensibilité et mon gout de « l’accident » aussi  j’ai une prédilection pour les techniques aqueuses (aquarelles, encre) et pour l’acrylique fluide (pouring).

On peut séparer mon travail en deux grandes catégories :

  • Un travail assez classique généralement réalisé à l’aquarelle ou à l’encre, où le sujet est représenté de manière réaliste, avec un travail de la ligne et du cerne qui rappelle parfois mon amour pour Mucha. J’aime d’avantage travailler l’encre que l’aquarelle car j’y retrouve des couleurs plus vibrantes et transparentes mais souvent mes clientes aiment mon rendu à l’aquarelle pour son aspect plus réaliste.
  • Un travail plus fantasque où je laisse filer le médium avec une certaine idée chromatique en tête mais en laissant les formes naitre librement, puis j’examine le rendu et interviens en intégrant un élément figuratif qui donne tout son sens à la composition et lui donne une orientation (nostalgie, joie…) là généralement j’utilise l’acrylique ou l’encre.

MES TECHNIQUES A L’AQUARELLE 

Très généralement j’utilise la technique sèche, c’est-à-dire que j’utilise un pinceau humide sur un papier sec. Quand on utilise la technique mouillée, c’est-à-dire le pinceau humide chargé en pigment sur un papier mouillé, on peut obtenir de très jolis effets car le pigment nage et se propage librement sur le papier, mais du coup ça ne permet pas la précision que je cherche généralement.

MES TECHNIQUES A L’ENCRE 

J’adore utiliser la gamme COPIC pour réaliser mes sujets à l’encre à alcool. La variété des couleurs, la qualité, la facilité d’utilisation en font mon encre de prédilection. Il m’arrive d’utiliser aussi les feutres posca qui sont les plus couvrants pour les couleurs claires.

Quand j’utilise l’encre pour les fonds, je peux me contenter de coucher les couleurs les unes après les autres en les superposant parfois, si j’utilise un papier classique. Mais j’utilise aussi parfois un papier particulier appelé Yupo (du nom du distributeur japonais, leader du marché) ou Lanavanguard. Il ne s’agit pas réellement d’un papier de cellulose puisqu’en réalité c’est un support en polypropylène. Je connais ce produit depuis longtemps car mon père était photograveur et ramenait fréquemment des chutes de papier de tout et n’importe quoi. Or initialement, ce produit a été créé pour les imprimeurs, notamment pour les cartes, les menus etc. Sa particularité est d’être hydrophobe, ce qui fait que le pigment reste en surface, permettant de jouer avec ses effets et d’obtenir d’intéressantes transparences.  La technique que j’emploie se décline avec de l’alcool et de l’encre. Il ne faut pas  confondre le papier yupo et le papier photo qui est impropre à cet usage.

MES TECHNIQUES A L’ACRYLIQUE 

L’acrylique est un médium extrêmement polyvalent, même si son « défaut » est qu’il sèche vite, contrairement à l’huile. Ça oblige à travailler en conséquence. J’adore faire des essais de textures avec l’acrylique, même si je connais ce médium depuis plus de 25 ans, je prends toujours autant de plaisir. On peut gratter, recouvrir, découvrir… J’aime particulièrement utiliser la technique dite du « pouring » qui consiste à pratiquer de grandes coulées de peintures directement sur la toile. J’aime aussi utiliser utiliser une couleur de fond que je révèle par grattement.

Le pouring

Ça nécessite un peu de préparation, mais le résultat est toujours stimulant. On prépare les couleurs qu’on veut utiliser dans un godet avec environ un tiers de peinture, un tiers de glassificateur, une bonne dose d’huile de silicone, et on rajoute de l’eau jusqu’à ce que la peinture soit souple mais filante. Attention c’est un peu salissant, je travaille généralement dans une auge et avec une bâche.

Couleur de fond double

je commence par peindre plusieurs aplats de couleurs que j’imbrique sur la toile avec une grosse brosse ou un rouleau, je laisse sécher complètement, puis je repeins par-dessus un fond entièrement uni. Ensuite, rapidement pour éviter que ça ne sèche, j’évide certaines parties pour laisser entre apercevoir le fond.

 Une fois que mon fond a suffisamment d’impact visuel pour moi, je vais imaginer quel figure se marierait bien avec et je la peins ensuite à main levé pour l’incorporer au tableau.